À 18 mois de la présidentielle : restaurer le pouvoir de vivre
Cette enquête Odoxa pour les Ponts Neufs est remarquable à deux égards : par la taille exceptionnelle de son échantillon et par l’originalité de sa démarche quali-quanti. Grâce à l’intégration de questions ouvertes, elle combine la rigueur du quantitatif à la richesse du qualitatif, offrant des milliers de réponses spontanées. Au total, 12 183 Français ont été interrogés et plus de 30 000 verbatim ont été recueillis.
Pouvoir d’achat : priorité n°1, révélatrice d’un malaise plus large
– 37% des préoccupations personnelles spontanées,
– 48% des priorités pour le pays.
Les Français parlent de vie sous contraintes, de dépenses incompressibles et de difficulté à se projeter.
Sécurité/insécurité : un stress du quotidien
– 29% de citations spontanées,
– 2ᵉ priorité personnelle et collective (41%).
L’insécurité renvoie moins à une peur abstraite qu’à la fragilisation des conditions de vie ordinaires (se déplacer, vivre chez soi, vivre ensemble) et à une forte attente d’application des peines.
Environnement : une préoccupation très concrète, ancrée dans le vécu
– 24% de citations spontanées, ce qui en fait la 3ᵉ préoccupation personnelle.
Fait notable, l’environnement est davantage cité comme préoccupation du quotidien (3e, 24% de citations) que comme grande priorité nationale (7e). Les verbatims renvoient massivement à des expériences locales et immédiates : canicules, inondations, sécheresses, vécues dans “ma région”, “mon département”.
Santé : une priorité collective majeure, au cœur du pouvoir de vivre
Peu citée spontanément à titre personnel (11%), la santé devient en revanche un enjeu collectif central, classé 3ᵉ priorité pour le pays (37%).
Les Français évoquent d’abord l’extension des déserts médicaux (manque de généralistes, difficultés d’accès aux spécialistes, renoncements aux soins), vécue comme une rupture du droit à une vie décente.
Une crise politique devenue personnelle
Le fonctionnement politique du pays est la 5ᵉ préoccupation personnelle (13%).
La crise est vécue comme un obstacle concret à la résolution des problèmes du quotidien, nourrissant un sentiment d’abandon et de perte de maîtrise.
Les Français n’attendent pas une nouvelle révolution politique. Ils attendent que ce qui existe fonctionne.
Moins d’annonces, plus d’effectivité. Un président réparateur, plutôt qu’un inventeur.
Pour Edouard Tétreau, président de l’association « Les Ponts neufs », ce que les Français expriment est un appel au secours. Il ne s’agit pas uniquement du pouvoir d’achat qui s’effrite, mais, en effet du « pouvoir de vivre ». Pouvoir vivre dignement des fruits de son travail; être récompensé et pas pénalisé d’avoir respecté les lois et les règles de notre vie en société. Pouvoir vivre en sécurité dans son quartier, ses déplacements, son territoire. Pouvoir vivre dans un environnement à préserver. Pouvoir vivre grâce à une santé publique accessible à tous les Français. Pouvoir vivre libres en défendant notre territoire et notre mode de vie, dans un monde de prédateurs.
“Notre peuple mérite qu’on se fie à lui et qu’on le mette dans la confidence”, écrivait Marc Bloch dans L’Etrange Défaite en 1940.
Cliquez ici pour consulter le mot du président des Ponts Neufs, Edouard Tétreau.
Pour disposer du rapport d’analyse complet, merci d’adresser un mail à Les Ponts Neufs contact@lespontsneufs.fr
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